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L’essor du Sud

Soumis par sur 2014/04/29 – 06:12
Rapport The rise of the South  - Page couverture

Source photo : The rise of the south, PNUD (2013).

Pendant que l’Occident vivait sa Révolution industrielle et le développement économique qui l’a accompagné, le Sud restait composé de pays essentiellement sous-développés, une situation qui a longtemps perduré. Mais depuis trois décennies, le paysage économique et géopolitique change. Bien que la pauvreté dans le monde demeure élevée, la situation de nombreux pays situés dans l’hémisphère Sud s’améliorent au plan économique, au plan de l’éducation et au plan de la santé. Il s’agit principalement des pays émergents (Afrique du Sud, Brésil, Chine, Inde, Indonésie, Mexique, Turquie), mais un grand nombre de pays du Sud bénéficient aussi de cette tendance générale, par exemple le Bangladesh, le Chili, le Ghana, l’île Maurice, le Rwanda et la Tunisie [1]. Ironiquement, la Chine et l’inde sont ainsi en passe de retrouver le rang qu’ils occupaient dans le commerce mondial il y a plusieurs siècles avant que l’Europe ne se lance dans sa grande vague de voyages d’exploration du monde des 15e et 16e siècles.

Du fait de ce développement économique et industriel au Sud, nombre de populations voient augmenter leurs revenus et s’améliorer leur niveau et leurs conditions de vie. La classe moyenne grandit et leurs attentes augmentent [1]. Cette transformation de la géopolitique internationale est illustrée par le fait que la production combinée de trois pays émergents, le Brésil, la Chine et l’Inde, dépassera dès 2020 celle de l’Allemagne, du Canada, des États-Unis, de l’Italie et du Royaume-Uni réunis [1]. Globalement, la contribution des pays en développement (PED) au commerce international de marchandises est ainsi passée de 25 à 47 % entre 1980 et 2010. Sur la même période, on a assisté également à un renforcement des liens entre les PED, la part du commerce entre pays du Sud s’étant accrue de 8 à 27 % [1]. Une cinquantaine de pays, parmi les moins développés, connaissent un rythme de développement plus lent mais commencent eux aussi à bénéficier du développement du marché économique Sud-Sud [1].

En plus d’adopter le modèle de développement occidental, les pays du Sud sont soumis aux modes de vie qui l’accompagne, et en subissent les désagréments de plein fouet. La propagation des mœurs sédentaires et les mauvaises habitudes alimentaires qui y ont cours dorénavant (aliments riches en sucre, en gras et en sel), les mêmes que celles que connaissent les pays occidentaux depuis plusieurs décennies, conduisent à une recrudescence de maladies chroniques telles que l’obésité, le diabète, les maladies cardiovasculaires et certains cancers. Les pays doivent donc composer avec les conséquences sociales et économiques que ces « épidémies » engendrent [2]. Du fait que les individus les plus pauvres d’une société sont les plus susceptibles d’être atteints des maladies chroniques liés à la nutrition, les pays en développement à faibles et moyens revenus comptent 80 % des cas des maladies chroniques dans le monde [3]. Au niveau international, c’est jusqu’à 5 % du PIB mondial par année que pourrait coûter la diminution de productivité et les coûts de santé liés à la malnutrition, soit 3500 milliards $US [2]. Le coût annuel de la sous-alimentation et de la malnutrition pourrait quant à lui être de 2 à 3 % du PIB mondial, soit de 1400 à 2100 milliards de $US [2].

Mais même si le fardeau social et économique du mode de développement capitaliste et industriel s’accroît, ce dernier permet aux pays du Sud de s’intégrer au marché mondial, autorise leur développement et leur croissance économique rapides, et donc leur enrichissement progressif. De ce fait, l’empreinte écologique mondiale continue de s’accentuer inexorablement. Et parce qu’ils représentent une grande proportion de la population mondiale, ces PED jouent un rôle grandissant dans l’enjeu de la viabilité de la civilisation, ce qui en revanche ne diminue en rien le rôle crucial que doivent jouer les pays du Nord pour l’atteinte de cet objectif ni ne leur retire la responsabilité historique qu’il porte dans la crise écologique globale.

Bibliographie

[1] Programme des Nations unies pour le développement, “The rise of the South – Human progress in a diverse world” (2013) New York.

[2] Food and Agriculture Organization (FAO), “The state of Food and agriculture – Food systems for better nutrition” (2013).

[3] Organisation mondiale de la santé, “Global status report on noncommunicable diseases 2010” (2011).

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