mercredi, octobre 5, 2022

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Les doléances de la marche du 27 septembre pour le climat

Sans vouloir parler nom de tou(te)s , il me semble que la récente manifestation pour le climat était motivée par une demande principale : que les gouvernements agissent enfin et opèrent une véritable transition écologique de la société. Par suite, on s’attend à ce qu’ils aident les citoyens dans leur volonté d’agir de manière écoresponsable, et que tous ces gestes citoyens cessent d’être annulés par des politiques publiques qui vont à l’encontre de ce qui est soutenablement requis.

Grâce à la forte mobilisation des étudiants, des manifestations d’une envergure sans précédent ont eu lieu le 27 septembre 2019 au Québec. Après le rassemblement monstre de 2012 à Montréal (200 000 personnes), la métropole accueillait sept ans plus tard un demi-million de personnes tandis que plus de 30 000 se rassemblaient à Québec. La conscientisation et la tension environnementale montent progressivement, ce qui laisse penser que nous approchons d’un point de non-retour. Pour la suite des choses, il m’apparaît pertinent d’expliquer à qui voudra bien l’entendre les doléances que cette manifestation justifie.

Opérer une véritable transition écologique

La principale demande vise à ce que les gouvernements posent rapidement des gestes d’envergure pour lutter contre les changements climatiques et la dégradation environnementale en général. Il y avait au sein des manifestants une forte exaspération de voir le « business as usual » perdurer. La balle est dorénavant dans le camp des décideurs, car certains citoyens atteignent la limite de ce qu’ils peuvent raisonnablement accomplir dans la société actuelle et il faut inciter les autres à agir.

Les manifestants demandent notamment un arrêt progressif mais rapide de l’exploitation des sables bitumineux et de tout combustible fossile, ce qui rend quasiment caduc tout projet d’oléoduc ou de port méthanier. Ils demandent également l’arrêt des subventions gouvernementales au secteur des énergies fossiles au profit des énergies renouvelables.

Les manifestants revendiquent des investissements dans les transports collectifs municipaux et interurbains afin de réduire l’utilisation de l’auto solo. Ils désirent un meilleur aménagement du territoire, qui limite enfin l’étalement urbain et la densification anarchique. Ils aspirent également à un verdissement massif des villes et à la protection du patrimoine bâtis. On attend également  une réforme du système agricole et agronomique qui contribue à enrichir le sol, accroître la diversité biologique, réduire les émissions de GES et revitaliser les régions.

Il est attendu que les gouvernements imposent des normes du bâtiment qui favorisent l’efficacité énergétique, économisent l’eau, développent des toits verts, etc. Les gouvernements devraient également augmenter la taille globale des réserves naturelles terrestres et marines afin d’au moins atteindre les cibles préconisées par l’ONU.

On demande par ailleurs aux gouvernements de gérer les ressources minérales (non renouvelables) de manière durable au profit de la collectivité, et non pas au profit des seules minières. Ces dernières devraient également donner l’assurance qu’elles seront dans la capacité de réparer les dommages environnementaux que de telles exploitations ne manquent pas de causer.

Pour favoriser l’écocitoyenneté

Les manifestants réclament que les gouvernements fassent leur juste part. Nombre de citoyens posent des gestes écoresponsables qui sont essentiels pour limiter l’impact de notre société. Les gouvernements devraient les encourager et les aider dans leur démarche. Par exemple, quand on prend la peine de mettre ses déchets au recyclage ou que l’on porte à l’écocentre, on s’attend à ce que les décideurs s’arrangent pour faire recycler effectivement ces déchets, en totalité et localement. C’est sa responsabilité. Or, cet aspect a été globalement et historiquement négligé, ce qui nuit à la mise en place d’une économie circulaire.

Le gouvernement pourrait également aider les citoyens en imposant des lois sur l’obsolescence programmée qui forceraient la production par les industriels de biens réparables et durables. C’est notamment le cas pour les appareils informatiques qui deviennent désuets parce que la vitesse d’évolution des logiciels est trop rapide. Cet état de fait n’est pas une fatalité.

Favoriser le transport collectif, une économie locale, des produits alimentaires biologiques sont autant de manières d’aider les citoyens à faciliter leur gestes écoresponsables. Mais surtout, les citoyens sont fatigués de voir que depuis quatre décennies, les politiques publiques annulent tous les bienfaits de leurs gestes écroresponsables.

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