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Les gestes écoresponsables relèvent autant des individus que de la société

Soumis par sur 2019/11/24 – 20:30

Poser des gestes écoresponsables nécessite autant une contribution individuelle qu’une contribution de la société. Le contexte sociétal étant souvent inadapté aux éco-gestes, il est impératif (et urgent) d’entreprendre des transformations profondes de la société et que l’État intervienne pour faciliter leur implantation. Il faut également poursuivre la conscientisation de la population à l’éco-responsabilité.

Poser des gestes écoresponsables n’est pas toujours simple. La plupart nécessitent de l’organisation, de la planification et du temps pour les mettre en place et défaire les vieilles habitudes. La majeure partie des actions éco-positives sont complexifiées par le fait que la société n’est pas toujours adaptée, quand elle ne va pas carrément à leur encontre. Par conséquent, les gestes écoresponsables demandent souvent des efforts particuliers des citoyen(ne)s, de sorte certaines actions ne sont posées que par les plus motivé(e)s d’entre nous.

Autrement dit, les individus pourraient diminuer plus facilement leur empreinte environnementale si la société était différente. Par société, il faut entendre ici contexte sociétal, c’est-à-dire la culture, les modes de vie, l’aménagement du territoire et le système socioéconomique que nous  connaissons et dont nous avons hérités. Transformer les caractéristiques sociétales qui nuisent aux gestes écoresponsables relève de l’État que ce soit aux niveaux fédéral, provincial et municipal.

Le recyclage est un bel exemple illustrant le partage de la responsabilité des gestes éco-positifs. Pour sa part, le citoyen a la responsabilité de prendre le temps de rincer ses contenants (idéalement avec sa vaisselle pour ne pas gaspiller d’eau) et de mettre les bons items dans son bac de recyclage ou de compost et dans sa poubelle. Il doit aussi aller porter à l’écocentre ses biens en fin de vie qui y sont destinés. De son côté, la société doit informer correctement et régulièrement ses citoyens sur les pratiques municipales. Elle doit surtout s’assurer que la totalité des matières récupérées soient effectivement recyclées et ce, localement. L’assurance que le tri à la maison n’est pas fait en vain et permet de refaire de nouveaux produits est essentiel pour garder le lien de confiance avec les citoyens et leur motivation, et est incontournable pour contribuer à rendre l’économie circulaire. Réutiliser, recycler, décycler et disposer adéquatement de la totalité des déchets produits et consommés est le minimum qu’une société responsable devrait faire en matière d’environnement. Le fait que ce ne soit pas encore le cas montre le retard dans la conscientisation de nos sociétés et une incurie collective.

Faire l’épicerie de manière écoresponsable est aussi un exemple par excellence où les responsabilités individuelle et sociétale s’entremêlent. Si ses moyens financiers le lui permettre, l’individu peut acheter des produits de saison, biologiques, locaux et non emballés. Mais il reste en partie tributaire de l’offre qui lui est faite et qui est disponible à proximité de son lieu de résidence. Dans la pratique, il est presque impossible de faire des achats qui satisfassent tous les critères ou même plusieurs de ces critères. Les épiceries n’ont malheureusement qu’une offre très limitée en produits biologiques, locaux et/ou en vrac. Pour faire mieux, il faut déployer des efforts individuels supplémentaires et rejoindre des circuits de distribution alternatifs (paniers de légumes bio et boutiques zéro-déchets par exemple) ou jardiner et faire ses conserves soi-même. Avoir le temps de mettre en place ces actions est cependant en partie entravé par le rythme frénétique de la vie actuelle. Le coût parfois prohibitif des aliments « écoresponsables » est également un aspect que la société doit corriger.

Un autre exemple est lié à l’auto solo. Si certains individus ne voudront jamais l’abandonner, d’autres seraient prêts la délaisser mais peuvent rencontrer des obstacles de nature sociétale. Ainsi, l’étalement des villes, l’insuffisance du service de transport collectif et les obligations familiales peuvent être des freins rédhibitoires à l’usage du transport en commun ou au transport actif. Cependant, d’autres citoyens peuvent, dans les mêmes circonstances, trouver des moyens de délaisser l’auto solo et s’arranger avec certaines contraintes. Le recours à l’auto solo est en fait encore plus fondamentalement ancré dans nos vies puisque les sociétés mêmes ont été fondées sur un mode de vie basé sur son usage.

Autre exemple, celui de l’ordinateur et du téléphone cellulaire. L’individu a la responsabilité de les conserver le plus longtemps possible et de résister à la tentation d’en changer aussitôt que sort le modèle dernier cri. Il doit donc veiller à acheter un appareil de qualité. Cependant, le citoyen n’a pas toujours le contrôle sur la durabilité du produit qu’il acquiert ni sur sa désuétude qui résulte entre autres de l’incessante augmentation de la taille des logiciels. Il incombe à l’État de légiférer pour que les produits proposés par les fabricants soient durables et réparables.

Les gestes éco-positifs nécessitent de la part des individus de la méticulosité, de l’organisation et de la planification. Ils requièrent aussi des services, des commerces, des produits industriels et des infrastructures adéquats qui vont faciliter ces gestes dits « écoresponsables ». Ce terme fait souvent retomber le fardeau sur le citoyen, parfois sur les entreprises, mais jamais sur la société. Or, certaines actions nécessitent une contribution sociétale telle que c’est la société dans son ensemble qui est imputable. Le temps est clairement venu de transformer les sociétés afin d’opérer une transition écologique et de promouvoir les gestes éco-positifs. Les gouvernements ont la possibilité de mettre en place un train de mesures pour une politique réellement verte. Si le rôle des citoyens dans la réduction de l’empreinte environnementale d’un pays est évident et s’il est tout aussi évident que leur niveau général de conscientisation doit augmenter, la transition écologique n’aura tout simplement pas lieu sans la volonté et le leadership des États.

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