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La portée des petits gestes écoresponsables quotidiens

Soumis par sur 2018/08/21 – 20:49

(Cet article est dédié à ceux et celles qui ont des doutes sur la pertinence ou sur l’utilité de leurs actions quotidiennes). On entend parfois dire que les petits gestes écoresponsables quotidiens n’ont pas d’impact ou ne servent à rien. En plus de susciter le découragement, cette affirmation est inexacte, même si elle contient une part de vérité. Car même si une explosion de l’action citoyenne pour transformer la société est urgente, les petits gestes quotidiens sont également nécessaires.

Il est évident que comparé à l’impact écologique de l’humanité, ou même de celui d’un pays comme le Canada, les gestes écoresponsables d’un individu ou d’un foyer sont infimes. On pourrait penser que ces actions n’ont pas de portée, parce qu’elles se situent dans un contexte où des transformations sociétales profondes et radicales sont prioritaires. Mais, bien que juste, cette vision est biaisée, car l’empreinte écologique individuelle devient tout à fait pertinente quand on la compare avec une autre.

En effet, tous les Canadiens par exemple n’ont pas la même empreinte écologique. Et si tous les Canadiens adoptaient les principes de simplicité volontaire, l’impact du Canada pourrait se rapprocher de l’impact écologique de certains pays émergents ou en voie de développement.

C’est un peu comme de comparer l’empreinte écologique de l’Inde et celle du Canada : celle du Canada est faible (286,4 millions ha comparé à 1,45 milliards ha pour l’Inde), mais per capita celle du Canada est énorme (8,05 ha comparé à 1,12 ha) ! Ainsi, un Indien utilise en moyenne 0,67 planète alors qu’un Canadien en utilise 4,8 [1].

Donc, même si dans l’absolu l’impact du Canada est faible par rapport à d’autres pays, c’est seulement du fait de sa faible population. Il ne faut pas oublier qu’il y a une question d’équité dans la valeur per capita, puisque une empreinte écologique élevée indique qu’un individu en moyenne s’accapare plus de ressources, d’énergie et génère plus de déchets qu’un autre.

Quoiqu’il en soit, pour que les activités de la civilisation deviennent compatibles avec les limites que nous impose la planète, il faudra bien que chacun, c’est-à-dire nous tou(te)s, adoptions des comportements écoresponsables, que ce soit selon le bon vouloir des uns ou sous la contrainte sociale, juridique ou économique des autres. Donc, les gestes écoresponsables que posent les citoyens sont nécessaires, utiles et significatifs.

Pour finir de démontrer que la réduction de l’empreinte écologique d’un individu est significative, un exemple concret est donné ICI. On y compare en détail l’empreinte écologique de deux foyers types : le premier caractérisé par une consommation « standard », un deuxième caractérisé par une consommation responsable. La conclusion, même si la démonstration est très imparfaite, prouve que les gestes quotidiens et les choix de vie sont significatifs d’un point de vue quantitatif. L’empreinte écologique d’un individu vivant dans un pays comme le Canada peut facilement être divisée par deux selon son mode de vie, et sans doute atteindre un facteur 10 quand on compare des cas extrêmes. Une étude sérieuse serait la bienvenue… Tous les Canadiens (ou les citoyens de tout autre pays similaire) n’ont pas la même empreinte écologique.

En dépit de ce fruit du bon sens, d’aucuns affirment que les gestes écoresponsables ne font que nous donner bonne conscience et que les changements de comportements requis devraient être de plus grande ampleur. C’est vrai, ces gestes sont insuffisants pour infléchir la croissance actuel de l’impact écologique de l’humanité, ni même  celle des États. Il faut donc faire plus : il nous faut transformer l’ensemble de la société, pas seulement le comportement des individus.

Mais ce n’est pas une raison pour minimiser ou dénigrer les gestes quotidiens. Ils sont nécessaires. De toute façon, l’engagement citoyen et la minimisation pratique de l’empreinte écologique domestique ne sont pas incompatibles. De plus, cette dernière procure à ceux qui l’exécutent la conviction de faire le bien. Cette motivation est très forte, et il serait bénéfique de tabler sur cette puissante force pour enclencher la transition écologique.

Références

[1] Chiffres de 2014 du Global Footprint Network https://www.footprintnetwork.org/

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