mercredi, décembre 7, 2022

Les résultats de la recherche en science de la soutenabilité

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Les tourbières, coincée entre le réchauffement climatique et le risque de gel

De manière générale, le réchauffement planétaire semble accélérer le développement de la végétation en allongeant la période de croissance, mais cet effet pourrait être limité dans les tourbières boréales car il pourrait rendre les plantes et les arbres plus vulnérables au gel.

La hausse de la température moyenne de la planète a et aura une incidence sur le cycle de développement des végétaux, mais ces effets sont mal compris. Il faut dire que l’impact du réchauffement dépend de nombreuses variables dont  l’espèce, la région, le type de biome et l’ampleur du réchauffement lui-même.

Pour mieux comprendre les effets du réchauffement climatique sur la végétation, des chercheur(e)s ont étudié le développement des plantes et des arbres dans une région boréale des États-Unis constituée de tourbières [1]. Ils ont analysé la croissance des épinettes (épicéas ou pruches) et d’autres plantes ainsi que leur croissance future dans un contexte de réchauffement planétaire.

Les résultats montrent que la période de croissance augmente avec le réchauffement : le développement s’allonge de une à deux semaines dans le cas d’une hausse modérée de la température (c’est-à-dire pour un scénario où les émissions de GES sont stabilisées) [2], et de trois à six semaines dans le cas d’une hausse élevée de la température (scénario où les émissions augmentent à un taux similaire au taux actuel) [2].

Les chercheurs ont aussi remarqué que le prolongement de la croissance végétale ne semblait être aucunement limité par la photopériode, c’est-à-dire la variation de la durée du jour. Or, la photopériode est connue pour déclencher plusieurs processus dans le développement des végétaux, y compris le bourgeonnement ou la floraison. Les bourgeons et les feuilles sortant plus tôt au printemps avec un climat plus chaud, la probabilité augmente qu’un gel survienne, ce qui rendrait les plantes et les arbres plus vulnérables au gel. Par conséquent, si des gels printaniers devaient produire des dommages aux plantes à chaque année ou trop régulièrement, cela pourrait les affecter sur le long terme.

Comme le soulignent les auteur(e)s, les plantes ont optimisé au cours de l’évolution leur période de croissance en fonction des probabilités de retour du gel au printemps et d’arrivée du gel à l’automne telles que le climat le dictait. Mais cette optimisation pourrait ne plus être adaptée pour des climats plus chauds, et les écosystèmes pourraient subir la pression des périodes de gel, un stress qui s’additionnerait à ceux déjà existants (anthropisation et morcellement des territoires, pollution, migration des espèces et des ravageurs).

Notes et références

[1] Andrew D. Richardson et coll., Ecosystem warming extends vegetation activity but heightens vulnerability to cold temperatures Nature 560 (2018) 368–371 https://www.nature.com/articles/s41586-018-0399-1#ref-CR7

[2] Le premier scénario correspond au scénario RCP 4.5 du GIEC et conduit à une augmentation de la température planétaire de +2.6 ± 0.7 °C. Le second scénario correspond au scénario RCP 8.5 du GIEC et conduit à une augmentation de la température planétaire de +5.9 ± 1.1 °C.

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