mercredi, octobre 5, 2022

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Les marais côtiers s’en sortent mieux que prévu

Un article récent remet en cause l’idée communément admise selon laquelle les marais maritimes sont menacés par la hausse du niveau des océans.

Plusieurs indices suggèrent que la montée des eaux océaniques risque de faire disparaître les marais côtiers. Des exemples célèbres illustrent en effet le rétrécissement des marais comme le delta de la rivière Mississipi, la baie de Chesapeake, le lagon de Venise, la Mer Jaune ou la côte maritime chinoise.

Cette disparition est inquiétante car ces écosystèmes rendent des services inestimables aux êtres humains : ils permettent d’atténuer considérablement l’impact des tempêtes sur les côtes, de séquestrer le carbone, d’améliorer la qualité de l’eau, et ils constituent un habitat riche pour la pêche commerciale.

Or, voici qu’une méta-analyse [1] montre qu’à l’échelle mondiale les marais côtiers semblent croître au même rythme que l’élévation du niveau des océans. Ces résultats vont donc, avec quelques autres études, à l’encontre de l’idée que les marais sont particulièrement vulnérables.

Les raisons de ce paradoxe apparent tiennent à divers phénomènes, qui se traduisent par des boucles de rétroaction positives : avec la montée des eaux maritimes, les marées sont plus intenses, ce qui favorise des périodes de dépôts des sédiments minéraux plus longues et plus fréquentes dans les fonds marécageux (expansion verticale). Ces inondations plus longues et plus fréquentes promeuvent également la croissance végétale ainsi que l’accumulation (accrétion) de matière organique. Enfin, les marais peuvent migrer vers l’intérieur des terres (expansion horizontale), à un rythme supérieur à l’érosion des berges et qui semble s’accélérer avec la hausse du niveau des océans.

Ces phénomènes dépendent de différents paramètres, comme par exemple la présence d’infrastructures artificielles ou de terrains naturels escarpés qui inhibent la progression des frontières marécageuses. Pour bien comprendre l’effet de l’augmentation du niveau des eaux océaniques sur les marais côtiers, il est nécessaire de quantifier plus précisément l’amplitude des boucles de rétroaction existant entre la montée des eaux et l’expansion des marais.

Référence

[1] M. Kirwan et coll. Overestimation of marsh vulnerability to sea level rise Nature Climate Change 6 (2016) 253 http://www.nature.com/nclimate/journal/v6/n3/full/nclimate2909.html.

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