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La raréfaction des espèces pour évaluer l’état de la biodiversité

Soumis par sur 2016/05/08 – 20:46

Biodiversité- tete de renardAlors que la disparition massive des espèces représente une menace pour l’humanité, des chercheurs suggèrent que la faible abondance des espèces, la « rareté massive » (mass rarity), constitue un critère plus pertinent que l’extinction massive pour évaluer les conséquences écologiques qui pourraient résulter de l’érosion de la biodiversité [1].

Du fait des activités humaines, principalement la destruction des habitats et l’exploitation intensive des ressources, la Terre connaît une disparition massive des espèces. Le rythme actuel d’extinction est de 100 à 1000 fois plus élevé que le rythme moyen (i.e. sans influence anthropique) [2], ce qui a mené à l’expression « sixième extinction massive des espèces », en référence aux cinq autres extinctions majeures qui ont eu lieu au cours de l’histoire de la Terre. Ce problème fait l’objet d’une limite planétaire [3,4] qui met la civilisation à risque, sinon l’humanité elle-même. Cependant, le taux d’extinction des espèces est reconnu pour être un indicateur partiel et inadapté pour bien caractériser le fonctionnement de la nature et les effets de la perte des services écosystémiques [3,4].

L’appauvrissement numérique ou géographique des espèces, autrement dit leur rareté, pourrait être un critère qui représenterait mieux la situation écologique. C’est du moins ce qu’avance une étude récente [1]. Les espèces en effet n’ont pas besoin d’avoir disparu localement ou mondialement pour que des transformations écologiques majeures aient lieu et que des réseaux trophiques en soient affectés. Une faible abondance des espèces peut être suffisante. Il se trouve qu’une rareté massive peut entraîner par elle-même une cascade d’événements pouvant mener à des changements permanents de l’écosphère, et ce bien avant que les espèces ne soient complètement éteintes [1].

De plus, pour bien comprendre les conséquences possibles de l’érosion des espèces, il est nécessaire de comparer les données actuelles avec celles du passé, notamment les épisodes d’extinction. Dans ce dernier cas, les mesures sont fondées sur les enregistrements fossiles. Or, ces derniers sont probablement davantage représentatifs de la rareté d’une espèce que de sa disparition complète, car les espèces raréfiées ont peu de chance d’avoir été préservées comme fossile. Il semble donc plus approprié de quantifier la rareté des espèces plutôt que leur absence totale [1].

Le rythme de raréfaction des espèces est un ou deux ordres de grandeurs plus élevé que celui des extinctions [1]. Actuellement, plus de 50% des taxons étudiés aurait subit une réduction au cours des dernières décennies et des derniers siècles [1]. Malgré cette avancée dans les connaissances, la comparaison avec les extinctions massives antérieures risque encore de rester en partie biaisée, car les données fossiles, par leur fondement même, privilégient la faune et la flore marine, tandis que les données modernes favorisent les espèces terrestres (il y a un manque de connaissances concernant les océans). Ainsi, le faible nombre d’espèces marines disparues ne doit pas laisser penser que les océans modernes sont en santé. Au contraire, les mers et océans sont plein de « fantôme écologiques », des espèces dont la taille de la population est si faible qu’elle ne permet plus de remplir les services écosystémiques [1].

Au-delà des espèces qui disparaissent, il est donc de première importance de référencer les espèces vulnérables et menacées telles que les classe l’Union internationale pour la conservation de la nature (IUCN). Il est également indispensable de mieux caractériser les espèces moins connues, par exemples dans le monde des insectes et de la vie marine.

Références

[1] P. Hull et coll. Rarity in mass extinctions and the future of ecosystems Nature 528 (2016) 345

[2] J. Rockström et al. Planetary boundaries: Exploring the safe operating space for humanity Ecol. Soc. 14 (2009) 32

[3] W. Will et al. Planetary boundaries: Guiding human development on a changing planet Science 347 (2015) 1259855

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