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Les limites de l’appropriation de l’eau douce par l’humanité

Soumis par sur 2012/09/28 – 07:25
Paysage d’Alaska

Paysage d’Alaska ©Photo Libre (http://www.photo-libre.fr/) (2009)

À l’instar de la consommation mondiale de pétrole, des chercheurs prévoient que le prélèvement de l’eau douce doit et va connaître certaines limites. Dans un article paru dans Proceedings of the National Academy of Science, trois types différents de limites sont présentées : les limites de l’eau renouvelable, de l’eau non renouvelable et de l’eau « écologique ». Ces notions devraient permettre de mieux gérer les ressources en eau.

La notion de maximum dans l’extraction des ressources est née dans les années 50. La première phase de l’utilisation d’une ressource commence par sa découverte et par une croissance rapide de l’exploitation pour satisfaire à la demande en augmentation. À mesure que le prix augmente et/ou que les ressources sont plus difficiles à atteindre, la croissance de l’exploitation diminue, puis, finalement, quand le coût de l’extraction devient trop élevée et que des ressources alternatives plus compétitives voient le jour, la production diminue.
C’est exactement ce que nous vivons actuellement avec le pétrole qui a vu son maximum de production atteint en 1970 aux États-Unis, et qui est de plus en plus difficile à obtenir et qui subit la compétition grandissante des énergies renouvelables. Cependant, à la différence du pétrole, il n’existe pas de substance qui peut remplacer l’eau pour la majorité des besoins. L’eau douce est indispensable à la vie des êtres humains et des écosystèmes. Toutes les facettes de nos vies en dépendent : santé, alimentation, activité économique.

La croissance démographique et le développement économique mettent en péril les ressources en eau douce, ce qui fait peser de lourdes menaces sur les populations : besoins de base pour une eau propre à la consommation et pour l’hygiène insatisfaits, contamination par les déchets domestiques et industriels, conséquences des événements météorologiques extrêmes (sécheresses et inondations), dysfonctionnement des écosystèmes, conflits pour l’accès à l’eau, effets des changements climatiques risquant de compliquer l’hydrologie de certaines régions et la gestion de l’eau. L’eau doit donc être gérée correctement.

L’eau à l’échelle planétaire est totalement renouvelable. Mais localement, certaines réserves d’eau ne le sont pas, et toute l’eau douce n’est pas accessible. L’eau renouvelable est constituée des rivières, des lacs, des écoulements résultant des précipitations et de l’eau souterraine qui se régénère sur de courts laps de temps. L’eau non renouvelable est constituée essentiellement des aquifères qui ont des vitesses de renouvellement très lentes (on les appelle aussi aquifères fossiles) et qui se vident si on prélève l’eau en trop grande quantité..

La limite d’utilisation des stocks d’eau renouvelable et non renouvelable est très simple : il s’agit de ne pas prélever pendant une certaine période plus que la quantité qui se renouvelle pendant cette période. Si le prélèvement est trop élevé, la réserve se tarie progressivement, comme par exemple le fleuve Colorado dont la réduction du débit ne permet plus au flot d’atteindre l’océan ou comme c’est le cas avec certains aquifères anciens, notamment en Inde.

Dans la pratique, la limite de renouvellement est hélas souvent dépassée. Dans le cas des aquifères fossiles, le coût de l’exploitation peut augmenter à mesure que l’eau doive être prélevée plus profondément, ce qui peut ralentir l’exploitation après avoir atteint un plafond. Le coût de la désalinisation de l’eau de mer peut également influencer l’extraction de l’eau douce.

Finalement, les auteurs définissent la limite de prélèvement de l’eau écologique. L’eau que les êtres humains s’approprient pour leurs activités est soustraite à la nature et n’est plus disponible pour les écosystèmes. Or, l’eau est nécessaire pour la faune et la flore et leur perte réduit alors les services que nous rend la biodiversité. On évalue à 50% la quantité de toute l’eau douce accessible que l’humanité s’approprie. Les auteurs montrent qu’il existe un pic écologique, analogue au pic de la consommation de pétrole, pour l’appropriation de l’eau.

Initialement, quand l’appropriation de l’eau par l’humanité croît dans une région, la globalité des bénéfices écologiques, sociaux et économiques croissent également. Mais la valeur des bénéfices du prélèvement de l’eau atteint un maximum, car à mesure que l’appropriation augmente, la valeur des bénéfices pour les écosystèmes et les sociétés diminue rapidement.

Les auteurs mentionnent que la limite d’exploitation écologique de l’eau a déjà été dépassée aux États-Unis.

Sources :

Peter H. Gleick et Meena Palaniappan, Peak water limits to freshwater withdrawal and use, Proceedings of the National Academy of Science (2010) 107. (doi: 10.1073/pnas.1004812107 ).

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