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La forêt urbaine, c’est rentable !

Soumis par sur 2014/06/20 – 20:05
Boisé urbain St Sauveur

Petit boisé dans la ville de Québec. (Crédit photo : Planète viable , 2011).

Les banques ne sont pas particulièrement reconnues pour avoir tendance à préconiser des mesures, des actions ou des investissements qui ne seraient pas rentables, bien au contraire. Alors quand une banque canadienne (la Toronto Dominion (TD) pour ne pas la nommer) publie un rapport vantant les mérites économiques de la forêt urbaine, c’est à souligner ! En fait, cela vient appuyer ce que les « écologistes » et nombre de professionnels de l’aménagement urbain clament depuis longtemps. Mais ne boudons pas notre plaisir et faisons le tour des avantages économiques de la forêt urbaine tels qu’ils sont illustrés pour la ville de Toronto. Gardons cependant en tête qu’il est dangereux d’attribuer une valeur monétaire à la nature puisque celle-ci est indispensable à nos besoins essentiels, y compris note santé, ce qui n’a évidemment pas de prix…

La métropole ontarienne compte 30% de sa surface couverte par des arbres, soit 16 000 arbres en moyenne par km2 ou quatre arbres par résident. La valeur totale de cette forêt urbaine ne représente pas moins de 7 milliards de dollars (une estimation basée sur un montant de 700 $ pour le remplacement d’un arbre). Mais la valeur des arbres ne se limite pas simplement à leur valeur intrinsèque, quoiqu’elle soit très importante. Elle provient également des services « gratuits » que les arbres nous rendent, de l’argent que nous ne dépensons pas annuellement grâce à eux. À chaque année qui passe s’accumulent les économies que nous permettent d’engendrer les arbres urbains. Parmi ces services, les arbres jouent un rôle sur :

  • la qualité de l’air
  • la captation des précipitations
  • les économies d’énergie liée aux conditions météorologiques
  • le climat (séquestration du carbone)
  • la valeur des propriétés et le montant des taxes

Au total, ces services représentent annuellement une économie d’environ 80 millions de dollars pour Toronto. Dit autrement, chaque arbre a un bénéfice annuel pour la ville de 8 $.

Concernant la qualité de l’air, la canopée absorbe différents polluants tels que poussières, cendres et autres particules, pour un poids total annuel capturé de 19 000 tonnes métriques de polluants pour la ville reine. Si on devait capter ces polluants par des procédés techniques, cela représenterait un montant de 19 millions $ annuellement ; c’est le coût total que les arbres font économiser à la ville en terme de polluants atmosphériques, soit 2 $ par arbre.

La canopée intercepte également une partie de la pluie, de la neige et des précipitations en général qui s’abattent sur la métropole, soit 25 millions de mètres cubes annuellement. De plus, les arbres aident à absorber l’eau des précipitations par le sol et diminue l’érosion. Les arbres permettent ainsi d’économiser sur les frais de déneigement, et allègent, donc augment la durée de vie,  des infrastructures qui gèrent les flux et les excédents d’eau, surtout en cas de précipitations fortes. Si ces services devaient être effectués par des procédés technologiques, le coût serait d’environ 50 millions de dollars pour la ville de Toronto.

Les arbres réduisent également la consommation énergétique en diminuant l’utilisation du chauffage et de la climatisation. Les arbres font de l’ombre durant l’été et contribuent au refroidissement local par évaporation de l’humidité contenue dans le sol et la végétation, tandis qu’ils coupent le vent l’hiver. S’ils sont adéquatement situés, les arbres peuvent réduire jusqu’au tiers l’utilisation de la climatisation et le quart de l’utilisation du chauffage. À Toronto, ces économies énergétiques se traduisent en économies financières estimées à 6,5 millions de dollars par année.

La forêt urbaine séquestre également du carbone pour un poids total annuel de 1,1 million de tonnes à Toronto, ce qui représente une valeur de 27 à 37 millions de $ chaque année. Enfin, il est bien connu que les arbres donnent de la valeur aux propriétés, ce qui accroît la valeur des terrains, augmente les loyers et génère des revenus additionnels en taxes. Dans ce dernier cas, les arbres situés sur la propriété ou à proximité augmentent les taxes en moyenne de 90 $ selon une étude réalisée dans la ville de New York et rapportée dans le rapport de la TD.

Conclusion

Selon l’étude de la TD, pour chaque dollar investi dans la préservation des arbres, la communauté en retire de 1,35 à 3,20 $. Si ce retour financier varie selon l’emplacement des arbres (dans la rue, sur un terrain ou dans un boisé), il est très clair qu’il s’avère rentable d’investir dans la forêt urbaine, une conclusion qui se généralise évidemment à toutes les villes. Les services que nous rend la forêt urbaine semblent ne rien coûter, et ainsi leur valeur monétaire « ne se voit pas », mais celle-ci n’en est pas moins très substantielle, et même sous-estimée. Il faut en effet souligner que le rapport ne tient pas compte des économies en dépenses de santé qu’évitent les arbres urbains, que ce soit pour les maladies cardiorespiratoires liées à la limitation des canicules et à la capture des polluants de l’air, ainsi que les bénéfices qu’occasionnent les boisés urbains pour la santé mentale. Au-delà des avantages financiers pour la collectivité, les bénéfices que procurent les arbres urbains à la santé et à la qualité de vie des individus n’ont tout simplement pas de prix.

Référence

Banque TD, Urban forests: the value of trees in the city of Toronto, TD Economics, Special Reports, 9 juin 2014 http://www.td.com/document/PDF/economics/special/UrbanForests.pdf

 

 

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