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Réchauffement planétaire : la science conseille les décideurs

Soumis par sur 2012/09/18 – 07:02
Boston Nuages

(crédit photo : Planète viable)

Dans un article récent, des chercheurs donnent les priorités dont la législation devrait tenir compte pour diminuer le réchauffement de la planète. Par exemple, une politique de réduction de la pollution atmosphérique devrait cibler surtout certains aérosols et mettre en place conjointement des réductions de gaz à effet de serre (GES) sévères.

Des politiques d’atténuations sont en effet de plus en plus urgentes. Si la conférence de Copenhague a été un échec, elle a au moins permis aux dirigeants d’admettre sur papier que les changements climatiques sont un enjeu crucial et que des politiques devraient être mises en œuvre pour limiter le réchauffement planétaire à 2°C.

Cette limite s’impose pour protéger les petits états insulaires (certains se sont regroupés dans l’Alliance des Petites Îles, AOSIS), et pour éviter que des phénomènes climatiques irréversibles ne se produisent et n’affectent encore davantage les populations vulnérables.

Veerabhadran Ramanathan et Yangyang Xu dans un article paru dans Proceedings of the National Academy of Sciences rappelle qu’une telle hausse des températures correspond à un forçage radiatif (une énergie radiative supplémentaire pour la planète due aux activités humaines) de 2,5 W/m2.

Malheureusement, on sait d’ores et déjà que cette limite sera dépassée. Ceci rend la tache des décideurs urgente et extrêmement difficile. Le manque de volonté politique passé se répercute évidement aujourd’hui. Trois avenues de solutions sont proposées par les auteurs de l’article. Elles nous montrent la complexité du problème et le marasme dans lequel l’humanité s’est placée :

1) Réduire le taux d’augmentation des GES, notamment du CO2, le GES qui cause le plus grand forçage radiatif. Il faut cependant réaliser que la diminution du CO2 dans l’atmosphère ne se fera pas à court terme, car le temps de vie de ce gaz est long (100-1000 ans) et que ce gaz s’accumule, ainsi que d’autres gaz à effet de serre à longue durée de vie (1000 ans et plus). Nous devons réaliser qu’en continuant d’émettre ces gaz, nous hypothéquons l’avenir des générations futures.

Malgré cette absence d’effet à court terme, la réduction des émissions de CO2 doit s’accomplir et demeurer une priorité afin de préserver le réchauffement à plus long terme (2050-2100). Les auteurs conseillent une réduction de moitié des émissions de CO2 pour 2050.

2) Réduire les émissions de certains aérosols et de l’ozone troposphérique. Certains aérosols anthropiques atténuent le réchauffement planétaire (les sulfates par exemple) mais d’autres comme la suie les aggravent. En éliminant ces derniers, on agit immédiatement sur le climat.

Il en est de même pour l’ozone troposphérique qui est un puissant GES. Pour diminuer ce gaz, il faut s’attaquer à ses précurseurs : les oxydes d’azote (NOx, c’est-à-dire NO et NO2), le monoxyde de carbone (CO) et certains gaz non volatiles autres que le méthane. Ces molécules tombent sous la réglementation des polluants.

3) Réduire la concentration des gaz à effet de serre de courte durée de vie, notamment le méthane (CH4) et les hydrofluorocarbones (HFC).

Qu’on ne s’y trompe pas, de telles mesures représentent des efforts herculéens pour nos sociétés. C’est particulièrement vrai pour la réduction du CO2, du méthane et de l’ozone troposphérique qui vont nécessiter un plan d’actions drastiques dans les secteurs énergétique, industriel, agricole, et forestier. Mais plus le temps passe, plus les mesures seront difficiles à mettre en place, et plus elles coûteront chères. Ces mesures nécessitent clairement des changements profonds de nos sociétés.

Sources :

Texte : Veerabhadran Ramanathan et Yangyang Xu dans un article paru dans Proceedings of the National Academy of Sciences (USA), Early Edition (2010) (doi:10.1073/pnas.1002293107).

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