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Pour que la recherche scientifique intègre le développement durable

Soumis par sur 2012/10/17 – 20:19
Instrument scientifique

Crédit photo : Planète viable, 2012

Comme on l’a vu dans un article précédent, la société a besoin que les scientifiques s’impliquent dans la mise en place du développement durable afin de contrer la crise environnementale et humanitaire que connaît la planète. La science doit être vue ici au sens large, incluant les domaines des sciences « dures », des sciences appliquées et des sciences humaines. La mutation vers une société viable nécessite ainsi un renouvellement des manières de voir la recherche scientifique, une vision plus globalisante, qui inclut des solutions centrées sur le long terme, des solutions interconnectées et transdisciplinaires.

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De plus, l’interface entre la science et la société civile doit être améliorée afin que les scientifiques communiquent leurs connaissances au grand public et aux décideurs, et aident à la prise de décision. Ils devraient devenir de véritables acteurs et des moteurs de progrès social, qui collaborent et contribuent aux prises de position des diverses parties prenantes. Finalement, il faut s’assurer que la recherche soit éthiquement et socialement acceptable. En d’autres termes, il faut faire la place à un nouveau concept, soit celui de responsabilité sociale de la recherche scientifique.

Cela veut-il dire que certaines recherches doivent être abandonnées au profit d’autres plus directement reliées aux enjeux du développement durable ? La question est épineuse, car il est délicat de donner des directives trop strictes quant aux orientations de la recherche. Ce serait en effet une erreur historique que d’imposer un carcan trop serré à la recherche. Car qui sait quels bienfaits peuvent apporter à court ou long terme des études dont le sujet semble à première vue trop éloigné des préoccupations immédiates, quand bien même des dernières répondent à des questions aussi nobles que celles liées à la diminution de l’empreinte écologique de la société ? Les applications des travaux de recherche fondamentaux peuvent parfois être inattendues, extrêmement bénéfiques et bouleverser la société en profondeur.

Quoiqu’il en soit, ce mandat qui vise à intégrer le développement durable à la recherche est trop complexe pour qu’il ne repose que sur une personne (le chercheur). Certes, celui-ci devrait s’impliquer, considérer de lui-même les différents aspects de sa recherche et s’entourer de personnes qui ont une expertise complémentaire à la sienne. Mais ce mandat relève plus généralement de la société dans son ensemble et, par suite, passe principalement par l’éducation, c’est-à-dire par une formation adaptée de la relève.

De plus, les universités, les gouvernements et les organismes subventionnaires doivent d’ores et déjà aider les chercheurs. Pour y parvenir et promouvoir une approche interdisciplinaire, les universités et l’État doivent s’adapter à la réalité de la crise planétaire pour favoriser les collaborations entre chercheurs et leur permettre d’explorer des domaines qui leur sont moins familiers, afin de trouver des solutions à des problèmes complexes. Cela passe par les aides financières et la promotion de projets de recherche multidisciplinaires menés par des chercheurs ayant des compétences complémentaires.

La séparation en facultés ou départements autonomes et indépendants n’aide en rien un enseignement fondé sur une approche multi- et transdisciplinaire. C’est donc l’ensemble de l’organisation structurelle des universités, de la formation qu’elles délivrent, notamment celle des professeurs-chercheurs, qui est à reconsidérer.

Par ailleurs, les organisations scientifiques, les instituts, regroupements et centres de recherche devraient organiser des conférences et des ateliers au cours desquelles les scientifiques pourraient s’informer et échanger sur les manières d’intégrer le développement durable à leurs travaux de recherche, avec l’exemple de ceux qui ont déjà commencé à prendre en compte ces aspects.

Conclusion

Parce que le développement durable nous concerne tous, les scientifiques sont interpellés comme les autres. De par leurs connaissances, ils ont une position privilégiée pour mettre en place des solutions soutenables et efficaces. Les scientifiques ont une capacité exceptionnelle à se renouveler dans le cadre de leurs travaux de recherche, à s’adapter aux nouveaux programmes de subventions, à s’informer et devenir des experts sur des sujets nouveaux. Nul doute dès lors qu’ils seront capables d’intégrer les enjeux du développement durable, à condition cependant que l’État, les organismes subventionnaires et les universités leur en donnent les moyens.

 

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