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Les facteurs économiques qui rendent la civilisation plus ou moins résiliente

Soumis par sur 2016/11/28 – 21:03

adaptation-economieDans l’article précédent, il a été question des facteurs  qui fragilisent les sociétés en les rapprochant d’un point de basculement. Cette section représente une tentative de discussion des facteurs qui peuvent donner à l’économie une faculté d’adaptation plus ou moins grande pour contrer la détérioration globale de l’environnement.

L’économie moderne a une forte contribution à la dégradation environnementale (surconsommation et surproduction) et une emprise tentaculaire sur le fonctionnement de la société, y compris culturellement parlant. L’idée d’une croissance économique à tout prix étant de surcroît omniprésente, on peut légitimement se demander si la société est adaptable dans ce domaine.

La façon dont l’économie prend actuellement en compte – lentement – la dégradation environnementale montre qu’elle est modulable jusqu’à un certain point et que donc la société l’est aussi. La mise en place – encore timide – du marché du carbone ou d’une taxe carbone en sont l’illustration. La démocratisation des produits biologiques, écoresponsables et « verts » (produits faits de matières recyclées, voiture électriques), de même que des certifications éthiques et l’application de l’analyse de cycle de vie dans la conception et la production des produits industriels constituent d’autres exemples. Les initiatives privées dans les secteurs de la production ou du commerce pour rendre leurs activités davantage en adéquation avec la nature, de même que la promotion des achats locaux ou les modifications de comportements des consommateurs, montrent également qu’une adaptation sociétale est en marche.

Bien qu’encourageantes, ces actions ont besoin d’être bonifiées, car elles sont insuffisantes pour sauvegarder la nature, tout au moins à long terme. Convertir par exemple l’ensemble du parc automobile de voitures à essence en voitures électriques n’aura qu’un bénéfice marginal sur l’empreinte écologique humaine, y compris sur son empreinte carbone, si l’on s’appuie sur le même paradigme de production et de consommation. L’état écologique de la planète demande des transformations plus radicales, car les ajustements actuels ne suffiront pas à rendre l’économie compatible avec l’écologie.

Ces améliorations sont en effet nécessaires et bienvenues, mais elles ne changent pas les fondements de l’économie. Elles réduisent les activités les plus nuisibles à court terme, et elles s’inscrivent dans l’optique d’une nécessaire transition, mais elles ne modifient pas les traits de l’économie capitaliste qui rendent celle-ci intrinsèquement insoutenable. Une transformation plus profonde encore devra suivre : la mise en place d’une économie qui ne considère pas l’environnement comme une « externalité » mais qui l’intègre totalement à ses activités. Mieux : une économie qui soit subordonnée à l’écologie. Notamment, cette économie devra être décarbonée, circulaire, locative, propre, sobre en ressources et en anthropisation des territoires.

Il n’y a pas de raison de penser que la civilisation ne soit pas capable d’accomplir une telle conversion, et ce même si l’emprise de l’économie semble pour l’instant trop forte pour permettre une adaptation de cette ampleur, même si on peut désespérer de l’influence de certaines industries qui, en usant de leur pouvoir économique et de leur lobby, contribuent à l’inexorable poursuite du modèle économique actuel, et même si l’on peut s’inquiéter de l’inaction ou de la faible action des gouvernements et de l’insouciance d’une partie de la population.

Car l’économie peut exister et être florissante pour les individus dans un monde écologique. Pourquoi faudrait-il que l’économie ne soit profitable que dans un contexte capitaliste ? De toute façon, l’économie actuelle n’est pas si avantageuse si on considère les inégalités et la pauvreté qui caractérise les sociétés dites « développées ». Une économie prospère et bénéfique au plus grand nombre peut remplacer notre économie qui s’avère à bout de souffle. La croissance économique n’est peut-être pas nécessaire. Et si elle l’est, elle peut peut-être se baser sur le savoir et son partage et sur les services plutôt que sur la production et la consommation.

La civilisation dispose en outre de multiples attributs et habiletés qui peuvent l’aider à accomplir une transition verte. La puissance technologique de l’être humain, ses capacités cognitives et sociales ainsi que son système de gouvernance sont autant d’attributs qu’il est possible de moduler pour rendre nos activités compatibles avec la nature. Cependant, ce sont aussi des caractères qui peuvent bloquer ou empirer la situation… Nous verrons prochainement les possibilités et les limites de ces trois champs sociétaux.

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