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De la fragilité de la civilisation

Soumis par sur 2016/11/20 – 21:14

 

201607_mtl_grattes-ciel-3_600px_finalDans un article précédent, je rapportais les travaux de chercheurs qui ont détecté des signes avant-coureurs d’un effondrement d’une société qui s’est produit au cours du Néolithique après l’émergence de l’agriculture. Ces signes suggèrent que les sociétés de l’époque se sont progressivement fragilisées. Or, la vulnérabilité des sociétés se manifeste sous deux formes : d’une part la proximité d’un point de basculement, d’autre part la difficulté à réagir à une perturbation comme une dégradation environnementale. Mais comment de tels travaux peuvent-ils nous aider à mieux comprendre la fragilité de notre civilisation ?

Comme toutes les autres, notre civilisation est susceptible de s’effondrer si un ensemble de conditions sont réunies. Les conflits, des relations économiques perturbées ou absentes, une pénurie en ressources et/ou un environnement qui ne répond plus à la demande ou qui ne parvient plus à absorber les transformations qu’on lui impose sont des facteurs qui augmentent le risque d’effondrement d’une civilisation. Selon la description adoptée dans ce blogue, cinq secteurs de la société influencent l’impact écologique d’une société et la fragilise ou la consolide : la démographie, l’économie, la technologie, la gouvernance et les facteurs individuels et collectifs.

Les facteurs qui nous rapprochent (ou nous éloignent) d’un point de basculement

Ce blogue a déjà abondamment fait état de l’effet de ces cinq secteurs sociétaux sur l’approche d’un point de basculement. Rappelons simplement l’impact de la croissance démographique, certaines propensions humaines (propension à consommer, goût du changement, recherche de la facilité et du confort, manque de conscientisation), certaines failles de la gouvernance (l’emprise des intérêts à court terme, les impératifs économiques), la technologie (son évolution constante, les verrouillages qu’elle impose) et l’impact de la croissance économique. Force est de constater que les crises économiques, comme celles qui ont jalonné les 100 dernières années, fragilisent aussi la société. Bien entendu, il faut également compter sur les effets délétères de l’incurie, de la cupidité, de la corruption, et de la défense, envers et contre tout, des intérêts personnels au dépend de l’intérêt général.

Par ailleurs, la société possède des caractéristiques qui peuvent éventuellement l’éloigner d’un point de basculement. Par exemple, la technologie semble amenuiser ou limiter les conséquences négatives de la dégradation environnementale. Elle est indispensable (mais pas suffisante à elle seule) pour réduire notre empreinte écologique (efficacité énergétique, optimisation de l’utilisation des ressources, analyse de cycle de vie, chimie verte). Au niveau social ou individuel, l’exemple que donnent des millions de citoyens, regroupés ou non en  comités, par leur engagement et leur choix de vie, de même que les entreprises qui choisissent de diminuer l’empreinte écologique de leurs activités ou de créer des entreprises écoresponsables, contribuent à limiter notre impact, à changer les mentalités et ainsi à reculer l’approche d’un effondrement. Ils existent de multiples initiatives qui montrent que la société change. Que les motivations soient pécuniaires, pragmatiques et/ou empathiques, elles contribuent à amorcer une transformation écologique et elles peuvent donner de l’optimisme.

On voit ainsi que les différents secteurs de la société peuvent nous rapprocher ou nous éloigner d’un effondrement qui résulterait d’une dégradation environnementale. Mais qu’en est-il de notre faculté à nous adapter à des conditions nouvelles, des conditions marquées par une planète moins résiliente ? Voyons ce qu’il en est au niveau économique et au niveau technologique.

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