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La fertilisation des forêts par le CO2 : un bénéfice ?

Soumis par sur 2017/02/06 – 20:44

Grand arbre - MontebelloEn dehors de réchauffer les basses couches de l’atmosphère, un des effets de l’augmentation anthropogénique de la concentration de CO2 est de faire croître les arbres plus rapidement, un effet dit de « fertilisation » qui pourrait possiblement contribuer à ralentir le réchauffement planétaire.

Cependant, dans un article « perspective » paru dans la revue Science [1], Christian Körner de l’Institut de botanique de Basel (Suisse), nous avertit que le taux de croissance des arbres ne joue en soi aucun rôle bénéfique sur la capture du carbone à long terme. En fait, l’effet pourrait même être inverse.

Les arbres représentent un puits de carbone parce qu’ils transforment le CO2 en fibres ligneuses par photosynthèse. Cependant, une fois les arbres arrivés à maturité, ils ne stockent plus de carbone et le libèrent par la suite au cours de leur décomposition. Par conséquent, le rôle de puits de carbone ne dure que lors de la phase de croissance de l’arbre et ne sera augmenté que si les arbres ont une plus grande longévité (de l’ordre de quelques siècles) ou, évidemment, s’ils sont plus abondants.

Or, quand les arbres sont stimulés par un excédent de CO2, ou bien ils parviennent à maturité plus rapidement ou bien ils ont une durée de vie écourtée (un roulement plus rapide). Il n’y a donc aucun gain en termes de stockage du carbone. Si donc on veut considérer les arbres comme une stratégie de séquestration du carbone, il faut donc nécessairement protéger les vieilles forêts de l’exploitation forestière et accroître la surface du territoire forestier.

Ajoutons qu’aucune stratégie de lutte aux changements climatiques ne pourrait sérieusement tabler sur un effet de fertilisation qui, même s’il avait pu s’avérer bénéfique, n’aurait qu’un impact négligeable sur les émissions globales de GES. La solution se trouve forcément dans une transformation de notre système socioéconomique, de nos modes de vie et de notre conception du bien-être.

Bibliographie

[1] Christian Körner, A matter of tree longevity Science (2017) 355 130

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